Monsieur
Monsieur,
Souvent, je croise votre chemin.
Toujours assis à la même place,
Vous me tendez votre main
Et ce simple geste me glace.
Je souffre de croiser votre regard,
D' y lire votre manque d'espoir.
Vous souffrez du manque d'égard
A votre encontre sur ce trottoir.
Comment en êtes-vous arrivé là ?
Personne n'est né pour ça !
Serais-je moi aussi demain
Un de vos nombreux copains ?
Comment montrer ma sollicitude
Sans risquer de blesser votre dignité
La pitié est une sâle habitude
Qui me laisse toujours indignée.
Je ne peux chaque jour vous donner
Ce que les yeux baissés vous espérez
Ni prendre toute la misère du monde,
Même si ma peine est profonde.
Peut-être un jour oserai-je vous parler,
En vous regardant dans les yeux,
Sans craindre d'être contaminée
Par vos états d'esprit pluvieux.
Donner du pain plutôt qu'une pièce, NON!
De quel droit je déciderais à votre place
De ce qui, pour vous, est mauvais ou bon
Moralisatrice? je n'en veux pas l'audace.
Vous n'avez plus de statut social
On vous nomme, comme c'est banal
Et ils s'en foutent si ça vous fait mal
Clodo, cloche, mendiant ou marginal.
Tant mieux, si ça offusque les grincheux
Je continuerai à vous appeler Monsieur !
Clothylde
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