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Dimanche 30 décembre 2007


Champagne  !

 

rosé
comme un coucher de soleil
sur la montagne enneigée

fruité
comme le coulis de groseille
sur la glace allégée

léger
comme le fragile sommeil
d'un amoureux piégé

subtil
comme le frisson qu'éveille
une fragrance ouvragée

pétillant
comme cette bonne treille
que nous allons partager 





 

par clothylde publié dans : poésie
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Dimanche 30 décembre 2007

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 S'enfuir tout simplement avec légèreté..
Ouvrir ses bras ailés et se laisser flotter..
Se sentir tout à coup comme en apesanteur ..
Perdre comme par miracle toute sa lourdeur..

Glisser sur la soie bleue d'un ciel sans nuage..
Fermer du quotidien une à une les pages..
Visiter des pays inconnus des humains..
Attraper des chimères impossibles dans ses mains..

Rester, admiratif, dans les airs, suspendu..
Chercher des sons divins jamais entendus..
Humer à pleins poumons des essences défendues..
Sentir son coeur léger et son âme détendue..

Laisser ses sens errer sans aucune retenue..
Vouloir profondément de l'amour la venue..
Caresser de ses plumes une tendre frimousse..
Espérer sur son cou une haleine chaude et douce..

Retomber dans ses draps, la tête ensorcellée..
Emerger peu à peu de cette nuit étoilée..
Reprendre ses bagages un temps abandonnés..
Les sentir plus légers, en être rasséréné..

 

par clothylde publié dans : poésie
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Samedi 29 décembre 2007

                             Le  parler de Thérèse  ( 6 )


Thérèse avait sa manière bien à elle de s'exprimer.
Elle employait des expressions qui étaient un mélange singulier de son milieu ouvrier, son appartenance au pays de Caux et son illétrisme.

Ses propos, ses réflexions et ses paroles auraient pu paraître un peu décalés et même parfois presque vulgaires, mais émanant de ce petit bout de femme si frèle et toujours aussi souriante, cela nous faisait rire et nous semblait tout simplement exotique !!

Si elle croisait dans la rue une personne dont l'accoutrement n'était pas de son goût et lui semblait ridicule : 
    -"Regarde-moi ce gauyot comment elle est dôlée !!"
traduction : vise l'énergumène comment elle est habillée !

La croute du pain dont elle était friande malgré l'absence de ses dents ( mais après tant d'années ses gencives étaient en béton !):
    -"Etant enfant, je mangeais toujours la baisure du pain en chemin"


Chaque fois que nous la visitions, nous étions accueillis par la même sempiternelle phrase :
    -" Quelle rareté !"
Nous pouvions venir une fois par mois ou tous les jours, c'était la même chose !
Heureusement, nous n'étions pas susceptibles ! et la rougeur soudaine de ses joues témoignait de son contentement !

Lorsqu'elle n'était pas contente d'elle même, elle pestait ainsi :
     -"J'me claquerais la gueule !"

ou alors :
    -" Qué bourrique !"
 

Quand quelque chose la taquinait, comme par exemple une démangeaison :
    -"Ca me digonne !"
J'ai cherché une fois dans le dictionnaire, et je n'ai trouvé que digon : sorte de fer barbelé avec lequel les marins harponnaient le gros poisson ... voilà donc sûrement l'explication, ça la titillait !!
 

Son expression était simple, mais toujours imagée et ponctuée le plus souvent d'un éclat de rire ! 
 

....

                                                                   * 

                                                       
par clothylde publié dans : la saga Thérèse
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Jeudi 27 décembre 2007

  mickey et minie lune

                Nous

Encore un sourire de toi,
Un compliment de roi
A propos de n'importe quoi ..
Une caresse de soie
Juste du bout du doigt ..
Un serment faisant loi,
Oublier les pourquoi ..
Le frisson de l'émoi
Avec un je-ne-sais-quoi
De fragile désarroi ..
Et n'être que toi et moi
Sous le même toit  !


par clothylde publié dans : poésie
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Mardi 25 décembre 2007

                                                                     
                                                              L'apprentissage  ( Thérèse 5 )



La famille du côté maternel avait quelques biens. C'était ce qu'on appellait une famille bourgeoise.
Mais la maman de Thérèse s'était laissée séduire par un beau parleur qui avait su tromper son monde et embobiner le papa ... celui-ci, après avoir refusé un bon parti parce que "pas assez bien à son goût" , avait donc donné la main de sa fille  ...  à un simple boulanger !
De plus le beau jeune homme n'était guère fiable. Trois fois il "mangea" ou plutôt "but" le fond de commerce, trois fois la belle famille le réinstalla. Puis les bourgeois se lassèrent, et la mère de Thérèse dut rester avec sa détresse financière et morale  ..et ses douze enfants !

Pourtant, une année, un oncle de Thérèse prit en charge l'éducation de la petite jeune fille en l'inscrivant dans une institution pour jeunes filles.
Auparavant Thérèse, bien qu'encore enfant, travaillait dans l'usine avoisinante.

Jusqu'àlors Thérèse était une enfant bien portante mais maigre, comme l'étaient les enfants travaillant à l'usine, juste suffisamment nourris sans aucun excès de graisse.

Thérèse entra donc dans cette institution où l'on apprenait aux petites demoiselles de la société à lire, écrire, broder, chanter ... tous les savoirs indispensables à une jeune fille de bonne famille ,en vu d'un mariage en rapport avec leur condition et leur future responsabilité de maîtresse de maison sachant recevoir.

Mais pour Thérèse l'éducation fut tout autre !
Elle rejoignit la troupe des fillettes dont l'enseignement était en rapport avec leur statut social : aucunement question d'apprendre à lire et à écrire !!  A quoi leur servirait un tel savoir ?! si ce n'est qu'à comprendre l'injustice de leur condition ! .. on ne donnait pas aux gens les clefs de la révolte !!
Quel besoin avaient ces fillettes , hormis celui d'apprendre à servir ??

Et c'est ce qui fût fait.
Les petites demoiselles déposaient le soir leurs souliers devant la porte de leur chambre et Thérèse et ses pairs avaient pour travail de les ramasser pour les cirer.
Elles replaçaient ensuite les-dits souliers au pied des portes pour que ces petites demoiselles puissent le lendemain matin marcher dignement.
Thérèse appris à coudre, rapiécer, repasser, épousseter, cuisiner etc..etc...

Je ne sais combien le Tonton versait par mois pour ce bel apprentissage ?!!  Peut-être, après tout, était-ce un accord : gratuité contre bons et loyaux services ?!!

Thérèse cependant était très bien nourrie ! Bien plus que chez ses parents, bien entendu !!
Si bien que ses joues se remplirent et se congestionnèrent, son corsage se gonfla avantageusement ... Elle avait l'air ... disons...un peu bourgeoise !! Trop bien nourrie pour une fille du quartier ! Les regards et les sous-entendus commençaient à être gênant.

Alors Thérèse ne supporta pas !!
Et elle demanda à maman de bien vouloir la reprendre, la renvoyer à l'usine !!
Sa fierté ne pouvait s'accommoder de ce statut spécial, de cette trop bonne mine !
Elle repris sa vie d'avant, et se sentit de nouveau dans son élément ... comme un poisson dans l'eau.




par clothylde publié dans : la saga Thérèse
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