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Dimanche 20 avril 2008


Pix::Luis Royo...Tout simplement magnifique.. 

La Bête




Est-ce pour la lune montante,  ce cri de bête hurlante ?
Qui met l'effroi dans les yeux, les fait tourner vers les cieux ?
Qui ose encore sortir la nuit ? qui, même son ombre, fuit ?

La bète en moi sommeille, au moindre appel se réveille !
Elle enfle, me submerge ; lâchement je l'héberge ..
Je ne peux la combattre, elle est trop opiniâtre !

Le sang tambourine aux tempes, de sueur les détrempe ;
Le regard devient flou ; le jugement devient fou !
Rien ne peut plus l'arrêter ! mes mains sont sa propriété !

Elles tremblent de peur ... je tremble de stupeur !
Elles tremblent d'envie ... je tremble pour leur vie !
Elles ont soif, elles ont faim ... j'attends, vidée, la fin !

Mes oreilles bourdonnent, mais la bète fredonne !
Mon âme sans aide se délite, ma conscience sans guide s'éffrite !
Mon corps semble se liquéfier, à sa volonté je dois  me fier .

Demain à l'aurore brumeuse, sera partie la bète furieuse ...
Je ne serai plus qu'une enveloppe, privée de perception nyctalope ...
J'irai, seule, de par le village ... prenant soin de voiler mon visage ...

Dans ma demeure plus de miroir, rien qui n'aurait le pouvoir
De réveiller un jour ma mémoire. Juste dans un coin, un grimoire,
Traités de magie et sorcelleries, dont maintenant je me nourris !


**

**




par clothylde publié dans : poésie
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Samedi 19 avril 2008


Trou- lala




Il sort de chez moi !
Et c'est avec effroi
que je m'aperçois
que ce hors-la-loi
a un je-ne-sais-quoi
qui me met en émoi !

Sans savoir pourquoi
il exerce sur moi
un attrait grivois.
Son joli minois
son regard matois !
je suis aux abois !

Je perds mon sang-froid
quand il arrive chez moi
dans un grand arroi
tel le plus beau roi !
Il me reste quoi ,
pour lutter?!  ma foi !

j'irai mon chemin de croix,
même si je dévoie
selon les pisse-froid,
et je serai, je crois
heureuse malgré la loi
d'aimer ce trou-lala !


*
excusez-moi ! j'avais envie de m'amuser !

*

 

Paroles de la complainte de Mandrin

( Par association d'idée avec un hors la loi,
Mais par contre Mandrin n'a, dans mon esprit, aucun rapport avec un trou-lala !!
j'aurais sûrement fait partie de sa bande ! )

 *

Ce chant, datant de 1755, est issu de l'opéra de Jean-Philippe Rameau qu'il composa en 1733 : Hippolyte et Aricie. Il a été ensuite repris anonymement en 1755 sous le titre que l'on connaît aujourd'hui. Le texte a également été publié en postface du livre Précis de la vie de Louis Mandrin. ( Wikipédia )

« Nous étions vingt ou trente,
Brigands dans une bande,
Tous habillés de blanc,
À la mode des...
Vous m'entendez ?
Tous habillés de blanc
A la mode des marchands.  »

« La première volerie
Que je fis dans ma vie
C'est d'avoir goupillé,
La bourse d'un...
Vous m'entendez ?
C'est d'avoir goupillé
La bourse d'un curé. »

« J'entrai dedans sa chambre
Mon Dieu, qu'elle était grande !
J'y trouvai mille écus,
Je mis la main...
Vous m'entendez ?
J'y trouvai mille écus,
Je mis la main dessus. »

« J'entrai dedans une autre,
Mon Dieu, qu'elle était haute !
De robes et de manteaux
J'en chargeai trois...
Vous m'entendez ?
De robes et de manteaux,
J'en chargeai trois chariots. »

« Je les portai pour vendre
À la foire en Hollande.
J' les vendis bon marché,
Ils n' m'avaient rien...
Vous m'entendez ?
J' les vendis bon marché,
Ils n' m'avaient rien coûté. »

« Ces Messieurs de Grenoble
Avec leurs longues robes,
Et leurs bonnets carrés,
M'eurent bientôt...
Vous m'entendez ?
Et leurs bonnets carrés
M'eurent bientôt jugé. »

« Ils m'ont jugé à pendre,
Ah ! c'est dur à entendre !
À pendre et étrangler,
Sur la place du...
Vous m'entendez ?
À pendre et étrangler,
Sur la place du Marché. »

« Monté sur la potence
Je regardai la France,
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un...
Vous m'entendez ?
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un buisson. »

« Compagnons de misère,
Allez dire à ma mère,
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant...
Vous m'entendez ?
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant perdu ! »

 

 

 *

un site sur Mandrin :  http://www.mandrin.org/



*

 

par clothylde publié dans : poésie
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Vendredi 18 avril 2008

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Monsieur Aimé Césaire

Né le 26 juin 1913 à Basse Pointe en Martinique
Décédé le 17 avril 2008 à Fort de France




Aimé
Avoir aimé
 Etre aimé
.....

Aimé
.....
Quel beau cadeau pour un nourrisson
Que de recevoir ce tendre prénom !
Sorti du coeur chargé d'Amour
De Celle qui sera pour toujours
La plus fervente admiratrice
De ce qui éclôt de sa matrice.

*

Avec votre Ami Léopold, tous deux
Complices chantres de la Négritude
Vous avez aboli les concepts hideux
Des adeptes de la servitude.

*

Amoureux fou des belles lettres
De tout ce qui embellit l'âme
Vous nous laissez peut-être
Plus qu'une oeuvre : un sésame !

*
*
*
un  blog consacré à Mr Aimé Césaire : 
http://aime-cesaire.blogspot.com/

Aimé Césaire

Merci Monsieur !




*

par clothylde publié dans : poésie
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Jeudi 17 avril 2008
 


Le grenier



Il y a dans le grenier, des souvenirs emballés.
Des malles aux couvercles ronds,  mèlées
à des paniers d'osier, remplis de vieux jouets
qu'il était interdit de jeter, même parfois cassés !
Dans du papier de soie, la robe de mariée
attend  la nouvelle fiancée qui saura la sauver
de ces arômes de naphtaline qui pincent le nez !
La layette du petit dernier emmaillotent les poupées.
De sa toile brumeuse, l'araignée a rejoint les livres empilés.
Abécédaires illustrés qu'elle semble vouloir déchiffrer !
Dans les yeux de l'aïeule une larme a perlée,
Son regard embué par tant de souvenirs remués !
Toute sa vie ici, ses joies et ses chagrins concentrés
Et stockés dans ces quelques mêtres carrés ...
Le mari, les enfants et petits enfants, tous rassemblés
Dans ces mèches de cheveux, ces photos,ces cahiers.
On a tout monté là ! un peu plus près du ciel,
Où elle aussi sera, bientôt, nous dit-elle ...
Les enfants émus, lui font plein de baisers,
 lui rappellent le baptème, demain, du petit dernier.
C'est pour ça qu'on est là ! pour retrouver
La timbale en argent qui a pour prénom gravé
Celui du bisaïeul , Clément , comme le bébé !



*

par clothylde publié dans : poésie
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Mercredi 16 avril 2008

      
 

Coeur gravé



Ton coeur résonne encore des coups de couteau
Imprimés par amour sur ton tronc de bouleau.

Que sont devenus les amants de ce jour
Qui s'étaient inventés des soleils pour toujours !

Pendant longtemps ton aubier a versé
Des larmes de sève à présent dessèchées.

Que sont devenus les amants de ce jour
Qui s'étaient fabriqués des rèves pour toujours !

Ta plaie forme à présent un oeil avenant,
Ou une bouche goulue appelant les passants !

Que sont devenus les amants de ce jour
Qui avaient découverts des mystères pour toujours !

Tu attends maintenant de nouveaux sculpteurs
Pour graver tendrement initiales en ton coeur.

Que deviendront alors les amants de ce jour
Qui croiront par ce geste s'unir pour toujours !


*
Cet arbre n'est visiblement pas un bouleau !
................
ça c'était pour les puristes !
lol



   *

 

Espoirs et illusions
Seul l'arbre, son tronc
A tout jamais marqué
Sera seul à ne pas oublier
Ces amants d'un temps passé

         Carole  ( Intimitea )

 *

par clothylde publié dans : poésie
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